La journée mondiale des filles, célébrée ce 11 octobre 2016, est une occasion exceptionnelle  pour vous faire découvrir l’Akany Avoko, à Faravohitra, Antananarivo. Un centre d’accueil destiné aux filles qui, après un temps mort, a rouvert ses portes grâce au travail acharné de Hanta Randrianarimalala, son actuelle directrice.

Akany Avoko Faravohitra, un centre pour les jeunes filles et les fillettes

Lorsque Hanta Randrianarimalala a repris les rênes du centre en 2015, c’était un bâtiment en ruine et oublié de tous. Les enfants qui y étaient accueillis ont été éparpillés vers d’autres centres d’accueil d’Antananarivo et des environs. « J’ai ouvert la porte de la maison et j’ai subitement compris l’étendue du chantier qui m’attendait », se souvient la jeune femme. « Les murs étaient fissurés, les portes et fenêtres ne tenaient plus, tout l’intérieur était à refaire et pire encore, les caisses étaient vides. Mais j’étais prête et à ce moment précis, c’était ma seule certitude ». Une certitude qu’elle a porté à bouts de bras. Un an plus tard, le bâtiment est remis en état, des collaborateurs, des familles, des amis sont venus relayer ses efforts : le centre rouvre ses portes, une cinquantaine d’enfants sont désormais accueillis en ces murs.

Hanta Razafindrasoa donne des conseils aux jeunes filles, pendant une séance de couture

Hanta Randrianarimalala donne des conseils aux jeunes filles, pendant une séance de couture

Le centre Faravohitra a été créé en 1963, sous les auspices de la fédération des églises protestantes de Madagascar (FFPM), du Ministère de la Justice et du Ministère de la Population. C’est un internat pour les cas sociaux et les cas pénaux, mais aussi un centre ouvert aux jeunes filles ayant besoin d’un soutien moral ou matériel dans leur apprentissage. Hanta Randrianarimalala explique : «Les cas sociaux regroupent les jeunes victimes de maltraitances physiques et/ou morales. Ils sont placés au centre suite à une décision du Juge des enfants.  Les cas pénaux concernent les jeunes qui sont en conflit avec la loi et qui attendent leurs jugements, placés au sein du centre par le Juge d’instruction ou le juge des enfants. Nos pensionnaires sont encadrés par une équipe spécialisée dans l’accompagnement de ces jeunes ».

L’appui aux jeunes pensionnaires se fait en plusieurs étapes : la définition d’un projet de vie et d’une orientation professionnelle, la recherche de parrainage, l’accompagnement à l’école des parents, la remise à la famille, l’accomplissement du projet de vie et le suivi régulier.

« Les enfants de trop »

Hanta Randrianarimalal est nommée par le FFPM pour diriger le centre jusqu’en 2022. Elle est diplômée en Maitrise en Travail Social,  avec plusieurs  années dans le domaine de l’éducation et de la gestion. Hanta est née au sein d’une famille modeste d’Antananarivo. Enfant, elle se retrouve orpheline et placée auprès de ses proches. « Je me souviens d’une scène très particulière. Au retour de l’enterrement de notre mère, on nous a mis au milieu de la grande pièce de la maison, pendant que les adultes réfléchissaient sur notre sort. Qui allait héberger lequel de nous trois ? » Au final, les trois orphelins ne grandiront pas ensemble. L’un part chez une proche, l’autre est placé dans un centre et Hanta, chez sa grand-mère. Bientôt, elle rejoindra le centre, elle aussi. « Enfant, j’étais petite et chétive. Les autres enfants me battaient et je n’étais pas assez grande, ni assez forte pour me défendre. J’étais seule et je me sentais rejetée ». La famille n’avait pas les moyens de subvenir aux besoins de la petite fratrie orpheline, « nous étions les enfants de trop ».

Son enfance et son adolescence, Hanta les passent dans un centre d’accueil. Elle a grandi, en côtoyant des vies brisées et violentées, en étant témoins d’histoires tragiques et insupportables. Sa propre histoire n’est pas plus simple : « Je connais les violences dont sont victimes chacune des filles que mon centre a accueilli. Je sais le mal qu’on leur a fait et la douleur qu’elles portent, pour les avoir vus de mes yeux ou vécus, dans ma chair. Mais je suis aujourd’hui reconstruite et à mon tour, je reconstruis mes semblables.»

Une enseignante encadre les adolescentes pendant leurs travaux parascolaires

Une enseignante encadre les adolescentes pendant leurs travaux parascolaires

Relever le défi

« J’ai fait de ma scolarité mon cheval de bataille. On ne s’attend pas à ce qu’une fille issue d’un milieu défavorisé et qui plus est, d’un centre d’accueil fasse des études supérieures et les réussissent ». Hanta se spécialise ainsi dans l’accompagnement des cas sociaux. « J’ai pu parfaire ma formation à travers des voyages à l’étranger, comme aux Pays Bas, où j’ai pu me connecter avec diverses personnes et associations ».

Son diplôme en poche, Hanta choisit de faire ses armes dans le même centre où elle a passé la majorité de sa jeune vie. « C’était ma manière de témoigner ma reconnaissance envers ce centre qui était mon foyer pendant des années. Je connaissais les rouages d’un centre d’accueil, puisque c’était mon milieu. » Lorsque le centre de Faravohitra a été laissé à l’abandon, « c’était pour moi, une chance de prouver que je pouvais relever le défi ».

Hanta Razafindrasoa, à l'origine de la renaissance de l'Akany Avoko Faravohitra

Hanta Razafindrasoa, à l’origine de la renaissance de l’Akany Avoko Faravohitra

Une chaîne de solidarité

Ses appels ont été entendus : associations malgaches et internationales, volontaires des quatre coins du monde, familles et amis, personnalités connues ou simples individus sont venus prêter mains fortes au centre Faravohitra.  Aujourd’hui, le système de parrainage a permis aux enfants de bénéficier d’une scolarité normale, tandis que les plus grandes suivent une formation professionnelle en couture, en coiffure ou en cuisine. « Il s’agit de les accompagner pour qu’elles aient un bagage afin d’affronter la vie et un métier qu’elles connaissent et maîtrisent ». Actuellement, toutes les pensionnaires ont une activité formatrice ou éducative, suivie par l’équipe de Hanta Randrianarimalala.

Le système de parrainage lie l’enfant et son parrain tout au long de sa scolarité. Ainsi, le lien va au-delà d’un appui financier, mais bien un accompagnement dans le quotidien des enfants. « C’est une contribution à la construction de l’individu. Le fait que l’enfant sache qu’il est soutenu et supporté par des adultes à qui il peut accorder sa confiance et à qui il peut s’attacher est très important », conclue la directrice de l’Akany Avoko, Faravohitra.

Le centre se fixe l’objectif de devenir un lieu de référence dans l’accompagnement et la réinsertion sociale des filles et des jeunes filles. Chacun peut contribuer à ce défi, en appuyant le centre et/ou en parrainant des enfants :

Vous aussi, soutenez l'Akany Avoko Faravohitra

Vous aussi, soutenez l’Akany Avoko Faravohitra

Pour soutenir Akany Avoko  Faravohitra :

  • Lot: 3 J 9 Faravohitra ambony, 33 Bis Rue Joel RAKOTOMALALA
  • E-mail : contact.avoko@gmail.com
  • Contact: + 261 331268659
  • Mvola: + 261 341168659
  • Airtel Money: + 261 331268659
Les enfants de l'Akany Avoko Faravohitra, au premier jour de classe de l'année scolaire 2016 - 2017 (Photo : Akany Avoko Faravohitra)

Les enfants de l’Akany Avoko Faravohitra, au premier jour de classe de l’année scolaire 2016 – 2017 (Photo : Akany Avoko Faravohitra)