Patrimoine

Art funéraire : Efiaimbelo ou le renouveau de l’aloalo

Efiaimbelo, le sculpteur Mahafaly. Photo : © Andre Magnin https://bit.ly/2mbOLGq

L’alolao à New York : la galerie Perrotin de New York, en collaboration avec l’expert en art africain l’expert en art africain André Magnin. expose ce mois d’août 2018 les œuvres du Malgache Jean-Jacques Efiaimbelo (1925-2006), sculpteur d’aloalo. Originaire d’Androka, Eifiambelo est l’héritier du savoir-faire des aloalo, ornement de tombeaux dans le Sud de Madagascar.

Efiaimbelo, le sculpteur Mahafaly. Photo : © Andre Magnin https://bit.ly/2mbOLGq

Revisiter l’art de l’aloalo

Efiaimbelo était un Mahafaly, tribu de Madagascar, et descendant d’une famille de sculpteurs traditionnels spécialisés dans l’art funéraire des aloalo. Son aïeul Soroboka avait transmis ce savoir-faire à ses descendants dont Efiaimbelo est l’héritier. Efiaimbelo a enrichi l’art des aloalo en lui donnant une nouvelle vie. D’abord, il a introduit les couleurs en utilisant la peinture acrylique ou à l’huile et revisité les thèmes de sculptures en rajoutant des éléments iconographiques qui symbolisent amour et loyauté (un couple d’oiseaux), la justice et le droit ( hommes de loi), la souveraineté et la loyauté (guerriers) etc. mais aussi des éléments issus de la vie quotidienne ainsi que des contes et légendes malgaches. A travers cette initiative artistique, Efiaimbelo a diversifié et actualisé l’art funéraire, en donnant un regard contemporain et en intégrant des éléments auxquels les contemporains peuvent se représenter.

Photo : Claire Dorn © Courtesy of the artist & Perrotin https://bit.ly/2Ocd42T

L’aloalo : prestige et honneur

L’histoire rapporte que l’art funéraire Mahafaly nous vient du XVIe siècle avec l’établissement des familles royales Maroseranana. Les aloalo sont érigés en l’honneur des défunts et sont un prestige pour les vivants. Les poteaux commémoratifs rappellent l’idée d’intermédiaire et de messager qui accompagne le défunt dans sa marche vers l’état d’ancêtre. Les aloalo sont plantés en nombre pair espacées par des bucranes autour de la superstructure parallélépipède du tombeau. L’aloalo est un élément de la sépulture Mahafaly, généralement taillée dans du mendorave, une espèce de bois sacré et rare, réputé pour sa solidité et dont l’usage est uniquement réservé aux sculpteurs. Autrefois, l’on enduisait de la graisse de zébu sur le totem afin de le protéger de l’humidité. La hauteur du bois est choisie à environ 2m et la sculpture est divisée en deux parties : une partie inférieure qui est une succession de motifs géométriques et qui se termine par le dessin d’une pleine lune nommée “volamiratse” et une partie supérieure qui est une sculpture en ronde-bosse représentant généralement des zébus, parfois accompagnés d’un bouvier.

L’aloalo d’Efiaimbelo exposé à New York

L’art d’Efiaimbelo a été montré au public international à travers plusieurs expositions dans des instituions tels que les Galeries nationales du Grand Palais, Paris (2011); le Guggenheim museum de Bilbao (2007);  le Museum of Fine Art, Houston (2005); le Grimaldi Forum (2005) et bien d’autres. Aujourd’hui, cinq membres du clan d’Efiaimbelo perpétuent cet art prestigieux de l’aloalo. Jusqu’au 17 août 2018, l’aloalo signé Efiaimbelo est exposé à la galerie Perrotin de New York. 10% du produit de chaque œuvre vendue sera reversé à l’association Azé qui se mobilise pour l’éducation en faveur des enfants démunis de Tuléar.

Que lire sur l’art et  les passionnés de l’aloalo :

A propos d’André Magnin, expert en art africain

Les Arts de l’Afrique Noire”, Maurice Delafosse

Leave a Reply

Theme by Anders Norén

Show Buttons
Hide Buttons