Patrimoine

Architecture à Madagascar: une urgence pour l’urbanisme

Antananarivo, vue depuis l'enceinte du palais royal.

Selon la loi malgache*, le concours d’un architecte est obligatoire pour la réhabilitation ou la construction neuve à usage d’habitation ou autres dont la surface cumulée des planchers excède 150 mètres carrés. Mais les obligations liées à la qualité et la sécurité des bâtiments, à usage résidentiel, commercial ou professionnel restent peu appliquées.

Architecture de Madagascar: rue d'Antananarivo (photo Fifaliana Joy)

 Les conséquences sur la configuration des villes malgaches sont importantes : architectures incohérentes, bâtiments peu sécurisés, habitats insalubres, desserte non-respectée, évacuation des eaux usées insuffisante, paysage urbain catastrophique. D’après l’enquête Doing Business 2017, l’indice de contrôle de qualité de la construction à Madagascar est de 5/15 : « cela équivaut à une situation très chaotique dans les milieux urbains du pays », interpelle l’Ordre des Architectes.

Aucune école d’architecture, pour 20 millions d’habitants à loger

L’Ordre des Architectes malgaches compte aujourd’hui une soixantaine de membres assermentés. C’est un nombre encore restreint, par rapport aux besoins d’une population de plus de 20 millions d’habitants : à titre de comparaison, l’île voisine de La Réunion a quelques 300 architectes. Malgré l’urgence d’une prise en compte du patrimoine architectural et l’urbanisme galopant où normes sécuritaires et paysagers ne sont pas souvent respectés, Madagascar ne dispose pas encore d’école d’architectes. Pour porter son titre, un architecte doit être diplômé de l’une des écoles agréées par l’union internationale des architectes et l’Unesco et intégrer l’ordre des architectes : pour l’heure, une telle école n’existe pas à Madagascar. Comme beaucoup d’autres secteurs, les métiers du bâtiment souffrent de désorganisation et l’architecture malgache en pâtit. Une brèche s’est ouverte pour toutes sortes d’imposteurs portant le titre d’architecte sans le diplôme ni le savoir-faire exigé.

Antananarivo, vue depuis l'enceinte du palais royal.

L’ordre des architectes se mobilise

Cependant, c’est un corps qui se mobilise pour défendre sa cause. Dans le cadre de la réforme du permis de construire dans la ville d’’Antananarivo par exemple, l’ordre appuie la commune dans l’amélioration des procédures d’instruction et d’octroi de permis de construire, dans la planification de ville dans le cadre des plans d’aménagement.  D’après l’enquête Doing Business de la Banque mondiale (2017), il faut environ 185 jours pour obtenir un permis de construire pour un bâtiment de 1000 mètres carrés.  

Architecture Madagascar: maison de l'ordre des architectes
Architecture Madagascar: maison de l'architecture
Maison Ratsimiebo, Ambatovinaky : maison de l'architecture

A Antananarivo, les professionnels de l’architecture se mobilisent aussi pour sensibiliser les habitants de la capitale. C’est dans la fameuse maison Ratsimiebo, où se trouve également la maison de l’architecture malgache, que ces ” archis” ont accueilli les passionnés de patrimoine et d’histoires, et les représentants d’associations de quartiers. Tous partagent l’intérêt d’une ville organisée, cohérente, sécurisée et l’importance de préserver, sinon reconstruire une certaine identité architecturale tananarivienne. Une identité à laquelle d’ailleurs appartient la maison Ratsimiebo, magnifique résidence séculaire sur les hauteurs d’Ambatovinaky, et qui doit son nom à son propriétaire, Henri Ratsimiebo, l’un des premiers architectes d’intérieur malgaches.

A propos d'architecture de Madagascar :

*Décret N° 93 455 portant application de l’ordonnance instituant l’Ordre des Architectes Malgaches et règlement de la profession

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