Transparency International – L’Initiative Madagascar (TI-IM) et l’Alliance Voahary Gasy (AGV) estiment que les efforts déployés par le gouvernement malgache jusqu’à présent ne reflètent pas une réelle volonté de s’attaquer au trafic d’espèces de bois précieux. Les réseaux de trafiquants persistent, impliquant des élus et des personnalités politiques; l’exploitation dans les zones forestières protégées continue; et l’exportation et la commercialisation illégales de ces espèces précieuses sont monnaies courantes.

Stock de bois de rose dans la Sava. Photo : ORCCP

Trafic de bois précieux sous couvert de transactions illicites

Les informations collectées par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) confortent le point de vue de TI-IM et AVG. L’enquête de l’OCCRP évoque “le projet en cours de vente du stock de milliers de grumes de bois de rose, soutenu par le gouvernement de Madagascar et la Banque mondiale. Ce projet pourrait réactiver les réseaux de trafic dormants et permettre des transactions illicites sous le couvert de transactions autorisées, comme cela s’est produit par le passé“, interpellent les TI-IM et AVG. “Nous nous demandons pourquoi la Banque mondiale et d’autres partenaires techniques et financiers appuient le gouvernement actuel sur cette question, car le patrimoine mondial et l’avenir de toute une population sont en jeu“, s’indignent les deux associations.

Les recommandations de la CITES contre le trafic de bois précieux ne sont pas appliquées

En 2016, Madagascar s’est engagé à mettre en œuvre les mesures recommandées par la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES) concernant le commerce et la gestion des stocks de bois précieux. L’une de ces conditions est le renforcement de la lutte contre l’exploitation forestière illégale, notamment les saisies, les enquêtes, les arrestations, les poursuites et les sanctions. “Cependant, à notre connaissance, aucune des sept recommandations formulées par la CITES n’a été suivie, sauf dans une certaine mesure dans la partie F (inventaire). Cependant, il semble que cette recommandation n’ait été mise en œuvre que pour faciliter une éventuelle vente des stocks“, toujours d’après TI-IM et AVG.

Cette enquête de l’OCCRP montre également que certains candidats à la prochaine élection présidentielle malgache ont été ou sont encore impliqués dans le trafic de bois précieux. ‘TI-IM et AVG exhortent les candidats à “faire connaître publiquement leur position sur la question et à préciser les mesures qu’ils préconisent pour mettre un terme définitif au trafic de bois précieux”

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