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Le maraîchage bio par Randyanne Andriampanasina

Maraîchage bio

Maraîchage bio

Maraîchage bio: les jeunes sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à revenir à la terre. Ils n’ont pas grandi au milieu des champs de culture mais décident de retourner à la campagne pour réapprendre à vivre  par et avec la terre, et les nouvelles technologies. Rendez-vous avec Randyanne Andriampanasina, fermière de la nouvelle génération.

Maraîchage bio

Maraîchage bio: Randyanne Andriampanasina, fermière aimant les selfies

Pourquoi s’être convertie à l’agriculture/maraîchage bio? D’où vient cette inspiration?

Apres avoir vécu pendant deux ans à Toamasina, je suis rentrée à Antananarivo pour, entre autres, réaliser mon rêve: produire ma propre nourriture et celle de ma famille, sans intrant chimique, en essayant de respecter l’environnement et de diminuer nos empreintes écologiques, tout en pratiquant la permaculture, une philosophie de vie qui me plait beaucoup. La permaculture aurait cent définitions mais en gros, c’est prendre soin de la terre, car il faut lui donner pour qu’elle nous donne en retour, prendre soins de tous les vivants, et partager autour de soi : le savoir-faire, le surplus de produits, le retour à la terre elle même à travers le compost organique. J’ai aussi voulu prouver à travers cette prise de conscience, que “produire sa propre nourriture” ne veut pas forcément dire : “prendre sa retraite”.  Ce sont deux choses différentes que beaucoup de gens confondent. La phase d’observation, importante en permaculture, m’a permis d’imaginer une hygiène de vie plus saine et plus fun : faire le marché dans le jardin tous les matins, primeur et fraicheur garanties même avec des imperfections, et gratuitement, que demander de plus? Du coup, j’ai décidé de me créer un emploi, c’est ainsi donc que je suis devenue une fermière.

Maraîchage bio

Maraîchage bio: des légumes et de la verdure

Comment vous-êtes vous organisée pour mettre en place cette activité de maraîchage bio?

J’ai arrêté de travailler dans un bureau à quatre murs. Je n’ai plus  d’obligations sévères avec les horaires. Je peux travailler dans le jardin, ou depuis ma chambre, pendant mes voyages. Bref en totale liberté. J’ai tout appris à travers internet, je me suis inscrite sur plusieurs groupes d’échanges, malgaches et français, dans les réseaux sociaux. Je passe des heures sur youtube, sur les sites des grandes fermes à l’étranger. Je me documente le soir et la nuit, je suis sur terrain le jour. Pour les heures de travail, difficile de comptabiliser. Cela dépend de beaucoup de choses: du soleil, de la pluie, de l’envie, de l’inspiration, de la flemme, car cela arrive aussi! Au tout début, j’ai acheté des semences auprès d’un paysan de Sabotsy Namehana, et je pratique souvent les trocs de graines, avec des Malgaches comme avec des étrangers. Sinon, je créée moi même mes propres semences aussi.

Maraîchage bio: semences, bottes et arrosoir, quelques outils indispensables

Maraîchage bio: semences, bottes et arrosoir, quelques outils indispensables

Est-ce que l’objectif posé au début de l’activité de maraîchage bio semble toujours réaliste aujourd’hui?

Je suis une grande rêveuse. Je rêve d’inculquer le jardinage dans le système éducatif. Avec un ami, nous avons déjà un projet en cours avec une école pour la nouvelle année scolaire à venir. Je rêve de percer sur le vrai maraichage bio à Madagascar, en faire un travail à part entière, et vulgariser à nouveau la production sans engrais chimique, en harmonie avec la nature : les mauvaises herbes, la position de la lune, … et non contre elle. Et puis, un résultat quantitatif et qualitatif est parfaitement possible, contrairement à ce qu’on le croit. C’est un grand défi mais si les autres y arrivent pourquoi pas nous?  Enfin, je souhaite créer une forêt nourricière sur mes propres terres, ou tout le village entier pourrait se servir gratuitement . Je suis en plein déménagement pour le réaliser, cela prendrait du temps mais j’y tiens et j’y crois et je vais y arriver. Je rêverai d’avoir une autonomie alimentaire saine : riz, légumes, volailles, grains, produits laitiers, … au moins à 97% d’ici 5 à7ans.  Et je rêve aussi qu’un de mes fils continue ce que je fais un de ces jours et fasse honneur à la permaculture en présentant nos produits au cours d’une foire rurale, par exemple.

1 Comment

  1. Lova R.

    Génial!

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