Ce 2 février est la journée mondiale dédiée aux zones humides. L’on parle essentiellement des sites Ramsar, du nom de cette ville iranienne qui avait abrité en 1971 la convention internationales sur les zones humides. La convention Ramsar est en vigueur à Madagascar depuis 1999 et la Grande île compte aujourd’hui 20 sites Ramsar sur plus de 2 millions d’hectares.

Les rivières et ces lacs relient les villages entre eux, tout en fournissant des moyens de subsistances aux populations

Qu’est-ce qu’un site Ramsar?

Les sites Ramsar concernent les marais, les fagnes, les vasières, les lacs, les rivières, les mangroves, les tourbières permanentes ou temporaires et les étendues marines dont la profondeur à marée basse est à moins de 6m.  D’après la Convention Ramsar, « Le choix des zones humides à inscrire sur la Liste devrait être fondé sur leur importance internationale au point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique ou hydrologique. » Un minimum de neuf critères est exigé. Entre autres critères, la présence représentative de zones humides, l’existence d’espèces aviaires rares ou menacées et d’espèces animales et végétales, dont la diversité écologique est largement représentée.

A quoi sert un site Ramsar?

Les  zones humides sont importantes, autant pour les espèces -rares pour la plupart – qui y vivent et qui contribuent à créer un certain équilibre naturel, que pour les êtres humains. En cas de cyclone, les zones humides absorbent les crues et atténuent les inondations. Elles alimentent aussi réserves en eau potable et améliorent la qualité et la fraîcheur de l’air. Enfin, ces rivières et ces lacs relient les villages entre eux, tout en fournissant des moyens de subsistances aux populations riveraines, pêcheurs pour la plupart.

Les zones humides des sites Ramsar telles que les mangroves nourrissent les villageois qui vivent de la pêche

Un site Ramsar, lieu de culte

Ces sites sont aussi le cœur battant d’une vie culturelle et sociale dynamique. C’est le cas, par exemple, autour des lacs d’Ambondro et Sirave, à 90km de Morondava. C’est une zone humide pendant les jours de pluies, mais les lacs disparaissent complètement entre avril et octobre. Autour de ces lacs, les mangroves abritent des lieux de prières et de recueillements, mais aussi des tombes. Certaines zones sont ainsi frappées d’interdits, fady.  Des cérémonies traditionnelles comme le Sorombe y sont organisées annuellement, pour implorer la bénédiction de Zanahary et des Razambe avant la saison des cultures.

Les 20 sites Ramsar de Madagascar

Le lac Tsimanampesotse est le premier site Ramsar malgache. Ce lac salé, de 20km sur 3km, est l’un des joyaux du Parc national de Tsimanampesotse. C’est le seul lac malgache qui renferme du sulfate de chaux, raison pour laquelle aucun poisson n’y vit. D’où le nom “Tsimanampesotse” qui signifie “là où il n’y a pas de dauphin”.  Madagascar compte 20 sites Ramsar : le lac Kinkony, le lac Alaotra, les sites de Mandrozo, le marais de Torotorofotsy, les lacs de Manambolomaty, la rivière Nosivolo, le site de Bedo, les lacs Ambodro et Sirave, le lac Tsimanampesotse, le lac Tsarasaotra, Antrema, Nosy Ve Androka, Sahamalaza, Ankarafantsika, Bemanevika, les sites de l’Onilahy, les mangroves de Tsiribihina, le lac de Sofia, les îles Barren, les sites d’Ambondrombe.

Vue aérienne des forêts de mangroves