José Rakotomanjaka, économiste en ressources naturelles, préconise le soutien à la formation

Le concept de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) se fraie un chemin dans le monde entrepreneurial et industriel malgache, bien que dans l’imaginaire collectif, elle reste encore diluée dans l’idée de philanthropies et d’œuvres ponctuelles.  José Rakotomanjaka, lauréat du concours d’article sur la norme ISO 26 000, “Semer un futur responsable – le défi africain” explique ce concept : “La responsabilité sociétale exprime la volonté d’une organisation d’intégrer les considérations sociales et environnementales dans ses décisions, et un engagement d’en assumer les impacts (…)”.

Responsabilité sociétale des entreprises, pour une maîtrise des coûts sociaux et environnementaux

Pour cet économiste en ressources naturelles, il est important pour les entreprises qui se lancent dans la réalisation d’une politique de RSE d’en valoriser les impacts environnementaux et sociaux. “Il s’agit de mieux communiquer les actions de RSE, à travers la tenue d’une comptabilité qui a trait aux aspects sociaux et environnementaux de l’activité. Cela signifie que l’entreprise doit réaliser le décompte des pertes et profits environnementaux de son activité, de l’extraction de la matière au commerce, ainsi que le coût social des impacts“. Des coûts sociaux et environnementaux, comme par exemple l’émission de gaz à effet de serre dans une activité économique qui se répercute sur l’environnement et les populations à travers le changement climatique. “Cela peut, à termes, engendrer des impacts liés à la santé publique, aux catastrophes naturelles“, souligne l’économiste.

Discussions autour des opportunités de la RSE, lors du salon RSE et Développement Durable

Formations et incitations fiscales en faveur de la responsabilité sociétale des entreprises

L’économiste en ressources naturelles, José Rakotomanjaka recommande de valoriser la formation à Madagascar, constatant que “très peu de formations se focalisent sur les aspects techniques, comme par exemple établir un bilan carbone. Une faille qui plus tard rendra plus difficile la mise en place de certains mécanismes comme une fiscalité basée sur les émissions de carbone. Dans l’avenir, plusieurs mécanismes doivent être créés ou appliqués pour standardiser la démarche et il est important que nous disposions des personnes ressources formées“.

Aux entreprises de se mobiliser pour la responsabilité sociétale des entreprises

Etienne Berthelot, d’Ecocert, organisme de certification, lors du Salon RSE et Développement Durable.

Pour l’heure, cependant, malgré les quelques avancées du secteur privé, l’Etat malgache n’affiche pas encore un appui soutenu à la mise en place de la RSE et à la vulgarisation de la démarche. Etienne Berthelot, de Ecocert, organisme de certification basé à Madagascar soulignait, lors du salon”RSE et développement durable” (Carlton, Juillet 2017) cependant l’importance, pour la communauté, de réagir : “L’Etat a, certes, un rôle à jouer dans la mise en place de la démarche RSE. Mais c’est surtout aux entreprises et aux collectivités de se mobiliser. La prise de conscience tant des entrepreneurs que des consommateurs pour la sauvegarde des intérêts des parties prenantes, doit venir de l’intérieur“.  Une prise de conscience qui peut devenir salutaire pour la pérennisation des actions RSE, car sans incitations fiscales et sans appuis, la démarche revient parfois coûteuse pour l’entreprise.