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Cinq questions sur la RSE

RSE-Mika

Michael Randriamaniraka, CSR Advisor – RSE de l’agence Aequo, est chargé d’accompagner et conseiller les entreprises, institutions et organisations désireuses de consolider leurs démarches en responsabilité sociétale. Il répond à cinq questions sur son cœur de métier : la responsabilité sociétale des entreprises, RSE.

Michael Randriamaniraka, de l'agence Aequo

Michael Randriamaniraka, de l’agence Aequo

1. Qu’est-ce que la RSE?

La RSE est une démarche volontaire qui englobe les engagements et bonnes pratiques des opérateurs économiques, et du secteur privé en général, au profit d’une méthode de production qui a un impact positif pour développement durable. Les entreprises investies dans la RSE assurent un retour sur investissement au sein du pays où elles travaillent et en faveur des populations, afin d’avoir une empreinte positive pour l’environnement et la société. On a deux sortes de RSE, celle qui s’applique à l’intérieur de l’entreprise et celle qui s’applique à l’extérieur. La première consiste à prendre de soin des conditions de travail et de production des employés et par la mise en place d’une une gouvernance claire de l’entreprise elle-même. En dehors de l’entreprise, il s’agira plutôt, d’avoir un impact socioéconomique et environnemental. Cet investissement est pris en compte dès le début des activités, dans la budgétisation et la priorisation des tâches. Ainsi, en amont des activités de l’entreprise, l’opérateur économique pense déjà à créer un impact positif dans sa production, autant sur l’environnement, sur la société et la population.

2. Quels standards encadrent la RSE ?

En s’engageant à investir dans une démarche de RSE, une entreprise est amenée à s’appuyer sur des normes et référentiels internationaux. L’ISO 26 000 est le cadre de référence international pour la RSE. Elle définit les grandes lignes qui guident toutes organisations désireuses d’assumer et de rendre compte des impacts de leurs décisions et activités. Encadrée par la norme ISO 26 000, l’entreprise est appelée à observer sept points clés : les droits de l’Homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, les bonnes pratiques des affaires, les questions relatives aux consommateurs et l’engagement sociétal. Mais bien que conseillée, l’ISO 26000 est non -contraignante. Elle se veut généraliste et se destine à toutes les structures. Sa mise en œuvre peut être évaluée et notée par des organismes indépendants.

Pour percer sur le marché international des produits horticoles, le respect des normes de production est exigé

Pour percer sur le marché international des produits horticoles, le respect des normes de production est exigé

3. Quels avantages tirer de l’application de la RSE?

Il y a des avantages économiques à appliquer la RSE, pour une entreprise, car en appliquant ces standards et respectant ces valeurs, elle gagne la confiance des consommateurs. Et pour percer sur les marchés internationaux et assurer une certaine portée de sa marque, elle doit être à la hauteur des normes exigées. Par exemple, pour l’exportation de produits agricoles, il y a ce qu’on appelle la norme GlobalGap en faveur des bonnes pratiques agraires : un ensemble de règles destinées aux entreprises agricoles et horticoles en matière de sécurité alimentaire, de durabilité et de qualité. On a aussi un standard appelé Fair trade/commerce équitable, pour lequel les consommateurs sont particulièrement sensibles. Par ailleurs, dans un contexte d’adaptation au changement climatique, les consommateurs sont aussi demandeurs d’une chaîne de production capable de réduire l’émanation de CO2, par exemple. En appliquant ces standards, les entreprises gagnent la confiance d’une clientèle exigeante et font fructifier leur filière. Par ailleurs, le respect des exigences environnementales permet aux producteurs horticoles d’améliorer le calibre des fruits à exporter. Autre exemple : si la localité de production ne connait pas un certain retour d’investissement à travers l’amélioration des conditions de vie locales, les paysans ne se sentent pas encouragés à intégrer le processus car ils n’y voient pas l’intérêt. Donc, la RSE permet de créer un cercle vertueux où les contraintes d’une recherche de bénéfices n’est pas obligatoirement contradictoire avec des conditions de travail correctes, un développement local et une démarche environnementale responsable.

4. Comment appliquer les exigences de la RSE aux réalités malgaches ?

Pour avoir des impacts palpables et mesurables dans une démarche de RSE efficace, il faudrait adapter une stratégie à chaque pays et en tenant compte des réalités locales. Des opérateurs malgaches dans l’exportation de matières premières ont ainsi décidé d’établir un moyen de réaliser ces critères posés par la norme ISO 26000 d’une manière adaptée à Madagascar. En effet, outre la partie technique, il faut aussi considérer l’aspect culturel et social malgache, lequel est différent des autres pays. C’est de ce constat qu’est née l’initiative Horeb – Hygiène, Organisation, Restauration de l’Environnement et de la Biodiversité. Notre rôle dans Aequo est de mettre en place ce système de production qui depuis la plantation jusqu’aux rayons des grandes surfaces, peut maîtriser la qualité, l’hygiène, la santé, le respect de l’environnement et les conditions de travail des producteurs de base.

Des indicateurs inspirés des ODD pour mieux évaluer l'avancée de la RSE

Des indicateurs inspirés des ODD pour mieux évaluer l’avancée de la RSE

5. Concrètement, comment le référentiel Horeb intègre-t-il ces exigences ?

Cette initiative des exportateurs malgaches se base sur le respect de la qualité, de l’hygiène et de l’environnement est très encourageante. Horeb étant un système de management en agriculture, nous faisons appel aux acteurs du secteur agricole, en particulier, les exportateurs de produits agricoles à appliquer le système Horeb. Il pose plusieurs critères qui, s’ils sont maîtrisés et que les producteurs et entreprises sont certifiés, les règles d’hygiène exigées par les consommateurs seront respectées, ainsi que les exigences en qualité et en quantité d’exportation. Mais surtout, ils peuvent tabler sur un retour sur investissement au niveau local et un développement durable que l’on peut mesurer. Concrètement, lorsque les opérateurs investissent dans l’exportation horticole, une partie des bénéfices sera versée dans un fond commun responsable qui est le fond de la RSE des exportateurs, que ces dernières cogèrent avec les paysans producteurs de base. Ils peuvent ainsi investir selon les besoins des communautés paysannes : école, adduction d’eau potable etc. A partir des objectifs de dévéloppement durable (ODD) posées par l’ONU, on a aussi mis des indicateurs objectivement vérifiables, qui font défaut aux autres référentiels. Ces indicateurs permettent d’évaluer l’atteinte des défis de l’ODD tels que la réduction de la pauvreté, la réduction des émanations de CO2, le basculement vers les énergies renouvelables.

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