Les syndicats malgaches prêchent pour la mobilisation des groupements des employés en faveur de la démarche de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Barson Rakotomanga , syndicaliste, explique : “Il y a dans l’expression “responsabilité sociétale des entreprises” le mot “sociétale” qui touche la société. La société comprend les familles des employés, mais aussi la communauté en général ainsi que les générations à venir. Tous doivent pouvoir bénéficier d’un environnement sain et de conditions de vie décentes, conséquences positives d’un emploi décent et profitable tant à l’entreprise, à l’employé, à la communauté, qu’à l’environnement actuel et futur”.

Les syndicats se mobilisent pour le travail décent. Crédit : FES

Une économie d’extraction qui ne favorise pas le travail décent

A travers cet appel à une mobilisation des employés pour la mise en œuvre d’une politique de RSE par leurs entreprises, le milieu syndicat souligne surtout les grands challenges de l’emploi à Madagascar : “des conditions de travail décentes et un tissu industriel innovant“, souligne Rakotomanga. Des challenges titanesques, au regard de la situation économique malgache, comme le résume le représentant  résident de la fondation Friedrich Ebert, Marcus Schneider, fondation qui contribue à soutenir l’émergence d’une démarche RSE à Madagascar et qui appuie également les syndicats malgaches:Ces objectifs qui sont loin d’être atteints si l’on se réfère au nombre croissant de sans emplois actuellement, ainsi qu’au système économique prédominant à Madagascar. En l’occurrence, une économie d’extraction favorisant la création d’emploi avec peu de décence“.

Soutenir l’industrialisation pour soutenir le travail décent

Les syndicats militent pour la création de travail décent. Crédit : FES

Il n’y a pas que l’emploi. Il y a aussi le tissu économique qui sous-tend l’emploi. Le développement industriel est urgent pour Madagascar afin de générer des emplois stables et économiquement viables. “Notre secteur primaire qui regroupe presque 80% des Malgaches est archaïque et peu productifs. Le secteur tertiaire est gonflé à bloc, et l’informel laisse se vulgariser diverses activités peu professionnalisantes et généralement destinées à la survie”,  observe Rémi Botoudi est le secrétaire général de la Confédération Chrétienne des Syndicats Malgaches (Sekrima). “Cette situation laisse proliférer des formes diverses de sous-emploi, et les plus démunis paieront toujours le prix fort.”

Les  syndicats attendent beaucoup de la volonté politique de l’Etat de soutenir l’industrialisation de Madagascar et la création d’emplois stables et justement rémunérés. Un appel que l’on voudrait bien trouver écho.

Pour connaître le parcours du mouvement syndical malgache : Le Mouvement Syndical à Madagascar, FES.