Patrimoine

Sur les routes : aux portes du pays Zafimaniry

Nous sommes à Antoetra, dans le sud de Madagascar, à 40km d’Ambositra :aux portes du pays Zafimaniry. Au-delà,  Laibory, Sakaivo, Tetezandrotra, Faliarivo, Vohitrandriana, Ambohimitombo et  plusieurs autres villages situés à plus de 1000m d’altitude, abritent les 20,000 âmes Zafimaniry dans la falaise et du plateau Betsileo.  Ce sont des villages tout en bois, juchés sur les hauteurs.

Un tranomena, case traditionnelle Zafimaniry. Photo prise à Antoetra.

Les motifs Zafimaniry : expressions des valeurs et des croyances

Cette tribu, dépositaire de l’art du bois et de l’âme de la forêt du Betsileo, incarne un savoir-faire et un mode de vie classés patrimoine mondial de l’UNESCO. Fortement rattachés à la forêt,  les Zafimaniary sont les artisans du bois. La technique de leurs sculptures est très ancienne. Elles représentent des motifs géométriques adroitement entrelacés les uns aux autres, comme une fractale où le temps, l’espace et la culture s’entremêlent.  Ces motifs sont le reflet des liens que les Zafimaniry tissent entre les vivants et avec leur environnement, expressions de leurs valeurs et croyances ancestrales .

 

Sculpteur Zafimaniry Photo UNECSO/J. Ségur/ZED https://bit.ly/2kLykj8

La forêt des Zafimaniry : l’âme des vivants

Le  tranomena, littéralement “la maison rouge”, où nous  sommes accueillis en est un exemple : cette case est un assemblage savant dont les planches sont imbriquées les unes aux autres, sans qu’aucun élément autre que le bois ne soit utilisé. Elle peut s’assembler et se démonter aisément et pourtant parait solidement enracinée dans le sol. Les Zafimaniry sont ainsi bâtis: dans la forêt, pour la forêt, avec la forêt.  C’est un exemple d’humilité et de respect de la forêt, “l’âme des vivants”,  que nous, citadins, déconnectés de la nature, réapprenons à découvrir.

Un des aînés du village d’Antoetra

Les Zafimaniry utilisent une vingtaine d’espèces d’arbres endémiques malgaches pour le travail du bois : chaque espèce a un usage spécifique selon le type de construction ou d’objets.  Mais aujourd’hui, plus de 80% de cette forêt ont disparu. Cette forêt estimée il y a 50 ans à plus de 8000 ha était peuplée d’essences de bois.  La dégradation de l’environnement, essentiellement due à la culture sur brûlis, mais aussi à la surexploitation et le commerce grandissant du bois n’ont épargné que qu’une infime partie de la forêt originelle. Aujourd’hui,  bon nombre d’héritiers Zafimaniry se sont convertis à l’exploitation de la canne à sucre.

Sauver la forêt Zafimaniry

Des projets sont initiés ou en gestation pour redynamiser la fragile économie locale : création d’une unité de distillation d’huiles essentielles, appui à la transformation de la canne à sucre et à la production de l’éthanol, la production d’énergie à partir de la bagasse (résidus de tiges de cannes à sucre) pour alimenter quelques machines de travail, une formation destinée aux artisans et aux guides touristiques.

Enfants Zafimaniry, jouant de la musique

Envie d’une escapade en terres Zafimaniry?
  • Il  y a une navette quotidienne entre Ambositra et Antoetra, mais le véhicule n’est pas forcément adapté à l’état de la route. Nous conseillons la location d’un véhicule 4×4.
  • Le climat est froid, car la région est montagneuse. Habillez-vous chaudement et apportez votre pack d’eau.
  • Depuis Antoetra, vous aurez plusieurs circuits qui se traversent à pieds. Les plus téméraires pourront rejoindre Ranomafana en une semaine à pieds.
  • Altitude maximum: 1787 m
  • Altitude minimum: 1278 m

Dépaysement, émotions et immersion dans le ” cœur de bois” de Madagascar au rendez-vous!

Plus d’informations sur les Zafimaniry :

Photo à la une : case Zafimaniry Photo UNECSO/J. Ségur/ZED https://bit.ly/2kLykj8

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